Le travail, un mandat divin

Le travail1 peut être défini comme l’ensemble des activités dues à l’effort physique et intellectuel de l’homme, nécessaire à la production des biens et des services.

Facteur de production et de transformation, il est une bénédiction divine susceptible de générer des richesses pour la prospérité et le bien-être de l’homme. La richesse n’est donc pas de la manne. Elle est plutôt la résultante d’un ensemble d’efforts (physiques et intellectuels), de privations et de sacrifices visant un objectif prédéfini.

En Genèse 2.15, Dieu donna une double mission à l’homme au jardin d’Eden à savoir cultiver et garder le jardin. Cultiver le jardin signifie le travailler, avec l’idée de le transformer, de le valoriser, pour l’enrichir et s’enrichir, en d’autres termes pour dégager une plus value ; tandis que garder le jardin sous-entend le surveiller, le protéger.

Par la parabole des talents (Mat 25.14-30), Jésus nous révèle la pensée de Dieu sur les biens et les talents qu’il nous confie.

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces deux textes :
– L’homme est appelé à valoriser tout bien ou talent reçu de Dieu, dont il n’est du reste qu’un gérant.
– Le travail est une source d’enrichissement, de croissance économique — bref, de développement.
– Lorsqu’on confie la garde d’un bien à quelqu’un, cela signifie une marque de confiance du mandant vis-à-vis du mandataire. Le travail marque ainsi la confiance de Dieu en l’homme.
– Contrairement à une certaine vision fataliste et pessimiste, le travail, malgré son caractère laborieux, n’est pas une sanction infligée à la race humaine, consécutive à la désobéissance d’Adam et Eve. D’ailleurs, à ce propos, il convient de signaler que, chronologiquement, le concept de « travail » est antérieur à la chute (Gen 3). Au contraire, il est une bénédiction, une source d’enrichissement, de fierté personnelle et d’épanouissement. Qui plus est, il glorifie Dieu qui a donné cette faveur à l’homme.
Beaucoup de chrétiens aujourd’hui n’aiment pas travailler et ne comprennent pas la portée spirituelle du travail, alors que :
– Le travail nourrit (2 Thes 3.10b).
– Le travail enrichit (Gen 31.6,7,9). 
– Le travail anoblit (2 Thes 3.8a).
– Le travail libère (2 Thes 3.8b).
– Le travail épanouit (Deut 8.12-13).
– Le travail glorifie Dieu (2 Thes 3.12).
– Le travail est une marque d’obéissance de l’homme vis-à-vis de Dieu (Gen 1.28).

Ainsi nul doute que le travail demeure un canal de bénédiction majeur par lequel Dieu accorde des richesses à ses enfants.

La nécessité du travail

La prière, quoi qu’en pensent d’aucuns n’est pas incompatible avec le travail et ne peut le remplacer pour générer des richesses. Elle n’est pas un outil miraculeux pour sauver ni de la pauvreté, ni de la misère, ni du dénuement financier.

La pensée de Dieu sur le travail et les richesses est consignée dans de nombreux versets bibliques, parmi lesquels les deux suivants :
– « Lorsque tu bâtiras et habiteras de belles maisons [...] lorsque tu verras multiplier ton gros et menu bétail, s’augmenter ton argent et ton or, prends garde que ton cœur ne s’enfle et que tu n’oublies l’Eternel, ton Dieu. » (Deut 8.12-13)
– « Il y a pour l’argent une mine d’où on le fait sortir, et pour l’or un lieu d’où on l’extrait pour l’affiner ; le fer se tire de la poussière et la pierre se fond pour produire de l’airain [...]. L’homme porte sa main sur le roc, il renverse les montagnes depuis la racine ; il ouvre des tranchées dans les rochers, et son œil contemple tout ce qu’il y a de précieux ; il arrête l’écoulement des eaux et il produit à la lumière ce qui est caché. » (Job 28.1,2,9-11)

Quelles leçons à tirer ? Dieu veut que l’homme soit entreprenant, bâtisseur de belles maisons qu’il va ensuite habiter ; travailleur, capable de chercher de l’argent dans des mines et extraire de l’or en divers lieux pour son bien être. Dieu n’a pas destiné l’homme à habiter des taudis ou à vivre dans la médiocrité. Au contraire, par le travail, il l’a destiné à expérimenter sa grâce, la prospérité au moyen des lois de la multiplication et de l’augmentation. Dieu refuse, pour éviter que l’homme tombe dans la paresse, que des richesses lui tombent des nues comme la manne. C’est vraisemblablement pour cette raison qu’il n’a fait tomber la manne et les cailles qu’en une seule occasion, la traversée du désert par le peuple d’Israël, et qu’il a interdit à l’homme de les stocker (Ex 16.19). Autrement ses commandements antérieurs de travailler et garder la terre (Gen 1.28) auraient été sans objet.

L’exhortation au travail

De nos jours, les prédications devraient exhorter les fidèles au travail pour les amener à découvrir ses bonnes vertus. Au cours d’un entretien avec un serviteur de Dieu, celui-ci nous déclara sans ambages que les populations de la plupart des pays en voie de développement devraient à présent expérimenter l’adoration de Dieu au travail et par le travail de leurs mains, plutôt que par des chants, des danses ou des prières interminables. Cette réflexion trouve bien sa place dans tout pays où des gens adorent Dieu tout en étant affamés ou dans la misère.

A ce sujet, l’apôtre Paul prend position en faveur du travail qu’il encourage vivement : « Vous savez bien comment il faut nous imiter. Nous n’avons pas eu une vie désordonnée parmi vous. Nous ne nous sommes fait donner par personne le pain que nous mangions, mais, de nuit comme de jour, nous étions au travail, dans le labeur et la fatigue, pour n’être à la charge d’aucun de vous non pas que nous n’en ayons le pouvoir mais nous entendions vous proposer en nous, un modèle à imiter. Et puis, quand nous étions près de vous, nous vous donnions cette règle : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Thes 3.7-10).

Dieu aurait-il besoin de l’activisme des fidèles misérables dans l’église ? Il veut plutôt se glorifier au travers d’hommes et de femmes qui l’honorent par leur travail, qui soient capables de contribuer au développement de son royaume sur terre. En effet, ce n’est un secret pour personne que ce développement de l’église a besoin d’être soutenu par le travail de ses membres. Sinon, l’église favorise elle-même la pauvreté et cette pauvreté conduit au stress et à être concentré sur les soucis de vie quotidienne, et cela non seulement pour les fidèles mais aussi pour le pasteur car dans une telle église, constate Léopold Mbadu, « les offrandes et les dîmes arrivent rarement à donner un salaire au pasteur ».

L’Ecclésiaste nous met en garde : « Quand les mains sont paresseuses, la charpente s’affaisse et quant les mains sont lâches, la maison a des gouttières. » (Ecc 10.18) Le travail est donc bien cette bénédiction divine et cette source de richesse à la fois matérielle et spirituelle. Puisse le Seigneur marquer en chacun cette conviction pour être partenaire dans son œuvre.