Si Dieu contrôle toutes choses, comment nos actions peuvent-elles avoir un sens ?

Le mot « providence » n’est pas utilisé comme tel dans les écritures. Il est traditionnellement utilisé pour parler de la relation que Dieu entretient avec sa création. La doctrine de la providence nous enseigne que Dieu est continuellement impliqué et en relation avec tout ce qu’il a créé.

En faisant cela :

1. Il maintient sa création en existence et lui conserve les propriétés qu’elle avait au moment d’être créée. On parle alors de sa préservation.

2. Il coopère à chaque moment avec les choses qu’il a créées, en dirigeant leurs propriétés pour faire en sorte qu’elles agissent comme elles le font. On parle alors de sa concurrence.

3. Il dirige tout de manière à accomplir sa volonté et son plan.

On parle alors de son gouvernement.

 A. Préservation

Dieu maintient sa création en existence et lui conserve les propriétés qu’elle avait au moment d’être créé. L’épître aux Hébreux nous dit que Christ soutient toutes choses… • « Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire et l’expression de son être, soutient toutes choses par sa parole puissante… » (Hé 1.3)

Le mot grec (phero) traduit par « soutient », a le sens de « transporter ou porter ». Il est utilisé fréquemment dans le N.T. dans le sens de transporter un objet d’un endroit à un autre, par exemple : • « Et voici que des gens, portant sur un lit un homme qui était paralysé, cherchaient à le faire entrer et à le placer devant lui. » (Lu 2.18) • « Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’organisateur du repas. Et ils lui en portèrent. » (Jn 2.8) • « Quand tu viendras, apporte le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpus, et les livres, surtout les parchemins. » (2 Ti 4.13)

Ainsi, le mot « soutient » n’a pas seulement le sens de « maintenir » des choses, mais implique un contrôle actif des choses qu’il « porte ». Dans Hébreux 1.3, le verbe est conjugué au présent continu, indiquant que Jésus est « continuellement » en train de porter ou transporter toutes choses… • Christ est activement impliqué dans la providence.

De même, Paul dit de Christ : « Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui. » (Co 1.16-17)

Christ est donc celui par qui la création continue d’exister.

 Les deux versets (Hé 1.3 et Co 1.16-17) nous indiquent que si Christ devait cesser son activité continuelle de « soutien », plus rien n’existerait à l’exception de Dieu lui-même. Cet enseignement est aussi confirmé par Ac 17.28, « car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. » • Et par 2 Pi 3.7, « Mais, par la même parole (de Dieu), les cieux et la terre actuels sont gardés en réserve pour le feu, en vue du jour du jugement et de la perdition des impies. »

Un des aspects de la préservation providentielle de Dieu est le fait qu’il nous donne la respiration à tout moment… « S’il ne pensait qu’à lui même, s’il ramenait à lui son Esprit et son souffle, toute chair périrait en même temps, et l’homme retournerait dans la poussière. » (Job 34.14-15)

La préservation inclue également la notion de conserver les « propriétés » de sa création. Dieu préserve l’eau, de telle manière qu’elle continue d’agir comme de l’eau. L’herbe continue d’agir comme de l’herbe, avec ses caractéristiques propres. Le papier garde les propriétés du papier et ne s’évaporera pas comme de l’eau.

La préservation assure une certaine « constance » dans notre univers. Dieu n’est pas en train de constamment créer de nouvelles choses, mais plutôt, il préserve ce qu’il a créé, il supporte toutes choses… La providence de Dieu nous procure ainsi les bases de la science.

Dieu a créé et préserve un univers avec des caractéristiques propres, qui agissent de façons prévisibles. Si une expérience scientifique produit un résultat aujourd’hui, elle produira le même résultat demain… Ainsi, nous pouvons comprendre notre définition de la préservation : Dieu maintient sa création en existence et lui conserve les propriétés qu’elle avait au moment d’être créé.

 B. Concurrence

 Dieu coopère à chaque moment avec les choses qu’il a créées, en dirigeant leurs propriétés pour faire en sorte qu’elles agissent comme elles le font. On parle ici de concurrence, non dans le sens commercial, mais dans le sens de « en même temps ».

Des événements concurrents sont des événements qui se passent en même temps. Nous verrons par des exemples que, dans sa providence, Dieu agit en « concurrence » avec la création, il coopère. 

La Parole de Dieu nous dit que Dieu suit le plan qu’il s’est fixé. « En lui, nous avons aussi été mis à part, prédestinés selon le plan de celui qui opère tout selon la décision de sa volonté… » (Éph 1.11)

Rien de ce qui se passe, n’arrive hors de la volonté de Dieu.

C’est le deuxième aspect de la providence, qu’on appelle « concurrence ».

Bien sûr, ce fait est caché au commun des mortels, à moins qu’on le découvre dans les Écritures, parce que la « concurrence » n’est pas clairement évidente quand on regarde le monde naturel qui nous entoure. En regardant les preuves bibliques de la « concurrence », nous commencerons par la création inanimée, puis les animaux, pour finir par différents événements dans la vie humaine.

 1. La création inanimée

 Plusieurs choses dans la création nous semblent « naturelle », pourtant la Bible nous dit que ces choses agissent sur l’ordre de Dieu. « Feu et grêle, neige et brouillards, vents impétueux, qui exécutez ses ordres… » (Ps 148.8) LSG (voir aussi Job 37.6-13) « Tout ce que l’Éternel veut, il le fait, dans les cieux et sur la terre, dans les mers et dans tous les abîmes. Il fait monter les brumes des extrémités de la terre, Il produit les éclairs avec la pluie, il tire le vent de ses trésors. » (Ps 135.6-7)

Le fait-il seulement quand il veut montrer sa gloire de façon spéciale, ou est-il toujours au contrôle de la météo ?

 Il « opère tout selon la décision de sa volonté… » (Éph 1.11) « Il fait germer l’herbe pour le bétail, et les plantes pour le service des humains… » (Ps 104.14)

 Quoi de plus naturel que de voir les étoiles dans le ciel, mais Dieu dit à Job que c’est lui qui les fait paraître… « Fais-tu paraître en leur temps les constellations » (Job 38.12)  Un fait avec lequel Jésus est d’accord quand il dit : « il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5.45)

Ce ne sont pas des choses que Dieu a établis lors de la création et qu’il laisse aller tout seul par la suite, Les Écritures nous enseignent que ce sont des choses que Dieu continu de faire dans sa providence. 

2. Les animaux

Les Écritures affirment que Dieu nourrit les animaux sauvages… « Tous ces animaux mettent leur espoir en toi, pour que tu leur donnes leur nourriture en son temps. » (Ps 104.27)

Jésus dit la même chose dans Mt 6.26 : « Regardez les oiseaux du ciel : Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. »

 3. Le hasard ou la chance

 Le hasard ou la chance existent-ils ?

 « On jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient de l’Éternel. » (Pr 16.33)

 4. Des événements causés pleinement par Dieu et pleinement par la créature.

Pour chacun des événements suivants (la pluie, la neige, l’herbe qui pousse, le soleil et les étoiles, les animaux qui trouvent leur nourriture, ou les dés qui sont jetés), nous pourrions (du moins en théorie) donner une explication naturelle, qui serait tout à fait satisfaisante. Un botaniste pourrait expliquer en détail comment l’herbe pousse, grâce à la lumière, l’humidité, les nutriments du sol, la température, etc.

Pourtant, les Écritures nous disent que c’est Dieu qui fait pousser l’herbe…

Un météorologiste peut donner une explication complète des facteurs qui cause la pluie (humidité, température, pression atmosphérique, etc.). Pourtant, les Écritures nous disent que c’est Dieu qui fait tomber la pluie…

Donc, des choses arrivent de façon « naturelle » et nous en connaissons les causes, mais c’est Dieu qui les fait au moment même ou elles se produisent.

Pas étonnant donc que nous devions être reconnaissants et remercier Dieu pour la pluie, la nourriture et tout ce qui se produit de façon « naturelle », car c’est Dieu qui les fait.

Ce n’est pas comme si ces choses se produisaient en partie par Dieu et en partie par la nature créée. Ces choses se produisent entièrement par Dieu et d’un autre côté, elles se produisent entièrement par des facteurs « naturels ».

La doctrine de la concurrence affirme que Dieu dirige et travaille « au travers » ou « en se servant » des propriétés propres à tout ce qu’il a créé.

Ainsi, les propriétés physiques, par exemple, de ce que Dieu a créé agissent d’elles-mêmes de façon à produire différents résultats et sont ainsi 100 % naturelles, mais elles sont dirigé par la providence de Dieu et sont de ce fait 100 % divine, car c’est Dieu qui soutient toutes choses et c’est lui qui les fait.

 5. Les affaires des nations

 Les Écritures nous parlent du contrôle providentiel de Dieu sur les affaires humaines.

« Il donne de l’accroissement aux nations et il les fait périr; il étend au loin les nations et il les ramène. » (Job 12.23)

« Car le règne est à l’Éternel, il domine sur les nations. » (Ps 22.28)

« Il a fait que toutes les nations humaines, issues d’un seul (homme) habitent sur toute la face de la terre ; il a déterminé les temps fixés pour eux et les bornes de leur demeure… » (Ac 17.26)

« Après le temps marqué, moi, Neboukadnetsar, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J’ai béni le Très–Haut, j’ai loué et glorifié celui qui vit éternellement, celui dont la domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de génération en génération. Tous les habitants de la terre sont comme s’ils n’avaient pas de valeur; il agit comme il lui plaît avec l’armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui résiste à sa main et lui dise : que faistu ? » (Da 4.34-35)

6. Dieu est concurrent dans tous les aspects de nos vies

Il est étonnant de constater dans quelle mesure les Écritures affirment que Dieu est l’auteur des événements quotidiens qui surviennent dans nos vies.

Nous prions que Dieu nous donne notre pain quotidien… (Mt 6.11)

Et pourtant, nous travaillons pour obtenir notre nourriture, et nous l’obtenons de façon tout à fait naturelle (pas miraculeusement)

De même, Paul affirme : « Mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Christ-Jésus. » (Ph 4.19). Mais il utilisera probablement des moyens « ordinaires », comme d’autres personnes pour le faire.

 Dieu a déjà prévu chacun de nos jours…

« Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui étaient fixés, avant qu’aucun d’eux (existe). » (Ps 139.16)

« Mais, quand celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce… » (Ga 1.15)

« Avant que je ne te forme dans le ventre de ta mère, je te connusse, et avant que tu ne sortes de son sein, je t’avais consacré je t’avais établi prophète pour les nations. » (Jé 1.5)

 Toutes nos actions sont soumises à la providence de Dieu…

« Je reconnais, Éternel, qu’à l’être humain n’appartient pas sa conduite; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jé 10.23)

« C’est l’Éternel qui dirige les pas de l’homme, mais l’être humain, comment peut-il comprendre sa voie ? » (Pr 20.24)

« Les dispositions du cœur (appartiennent) à l’homme, mais la décision que formule la langue vient de l’Éternel. » (Pr 16.1)

« Le cœur de l’homme médite sa voie, mais c’est l’Éternel qui affermit ses pas. » (Pr 16.9) Nos succès comme nos échecs viennent de Dieu…

« Car ce n’est ni de l’orient, ni de l’occident, ni du désert (que vient) l’élévation. Car Dieu est celui qui juge : il abaisse l’un, et il élève l’autre. » (Ps 75.6-7)

Il a fait descendre les puissants de leurs trônes, élevé les humbles… » (Lu 1.52)

Les enfants sont un don de Dieu…

« Voici que des fils sont un héritage de l’Éternel, le fruit des entrailles est une récompense. » (Ps 127.3)

Tous nos talents et nos habiletés viennent de Dieu…

« Car qui est-ce qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Co 4.7)

« Il exerce mes mains à la bataille, et mes bras tendent l’arc de bronze. » (Ps 18.34) Dieu influence les dirigeants dans leurs décisions…

« Le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Éternel; il l’incline partout où il veut. » (Pr 21.1)

« Ils célébrèrent avec joie pendant sept jours la fête des pains sans levain, car l’Éternel les avait réjouis en inclinant vers eux le cœur du roi d’Assyrie pour les soutenir dans l’œuvre de la maison de Dieu, du Dieu d’Israël. » (Esd 6.22)

« L’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume… » (Esd 1.1)

Dieu exerce une influence sur tous les habitants de la terre…

« Du lieu de sa demeure, il observe tous les habitants de la terre, lui qui forme leur cœur à tous, qui est attentif à toutes leurs œuvres. » (Ps 33.14-15)

Dieu agit particulièrement dans le cœur des croyants…

« Car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. » (Ph 2.13)

Tous ces passages démontrant le travail de Dieu dans les vies de tous, nous amènent à la conclusion que la providence de Dieu agit par concurrence dans tous les aspects de nos vies. Nos paroles, nos pas, nos gestes, nos cœurs et nos talents sont tous dirigés par la providence de Dieu.

La réalité de la concurrence de Dieu ne doit pas nous faire tomber dans le piège de croire que puisque Dieu agit et contrôle tous les aspects de nos vies, nos actions ou nos choix, sont sans conséquences réelles, ou encore qu’ils sont inutiles.

À maintes reprises, les Écritures affirment que nos choix sont importants et qu’ils comportent des conséquences dont nous sommes responsables. Tout comme la création a été faite avec des propriétés propres à chaque chose, l’homme a été créé avec la propriété de faire des choix personnels, au gré de sa volonté.

Nos choix ont des conséquences réelles et parfois éternelles et Dieu nous en tient responsable.

Comment exactement Dieu combine-t-il son contrôle providentiel avec nos choix et notre volonté ?

Les Écritures ne l’expliquent pas. Tout comme la doctrine de la trinité, que nous pouvons facilement démontrer par les Écritures, mais que nous ne pouvons difficilement expliquer, la doctrine de la concurrence de Dieu, au sein même du libre arbitre, peut être facilement démontrée par de nombreux textes, mais on peut difficilement en expliquer le mécanisme.

Plutôt que de nier l’un ou l’autre des aspects parce qu’on ne le comprend pas, nous devons accepter les deux, qui sont fidèles aux Écritures. Il existe bien une analogie qui peut nous aider à comprendre, mais comme toutes les analogies, elle n’est pas parfaite.

Mais bon ! On peut penser à l’auteur d’une pièce de théâtre.

Dans la pièce « Macbeth » de Shakespeare, Macbeth tue le roi Duncan… Qui a tué le roi Duncan ? À un niveau, c’est Macbeth qui l’a tué et il en est criminellement responsable, mais d’un autre côté, c’est Shakespeare, l’auteur de la pièce, celui qui a créé tous les personnages, qui l’a tué

Les deux sont responsables à 100%

 7. Qu’en est-il du mal ?

Si Dieu, par sa providence, est la cause de tout ce qui arrive, on peut alors se poser la question : Quelle est la relation entre Dieu et le mal dans le monde ? Est-ce que Dieu cause lui-même les mauvaises actions que les gens font ? Et si oui, Dieu n’est-il pas « responsable » du péché ?

Voyons d’abord ce que la Bible nous enseigne concernant « le mal » qui arrive dans le monde…

En regardant quelques un des nombreux textes qui mentionnent que Dieu a (indirectement) causé le mal, nous devrons considérer quelques points :

Il n’est jamais dit que Dieu ait directement fait le mal. On voit plutôt que Dieu fait venir le mal par les actions volontaires de créatures morales

Le mal est fait par des personnes ou des démons qui ont choisi de le faire.

De plus, les Écritures ne blâment jamais Dieu pour le mal, ni ne montrent que Dieu prend plaisir dans le mal qui se fait.

Les Écritures n’excusent jamais les êtres humains pour le mal qu’ils font.

Nous ne devons jamais arriver à un point où nous pensons que nous ne sommes plus responsables du mal que nous faisons, ce serait contraire aux Écritures.

L’histoire de Joseph

Un des exemples les plus frappants est celui de Joseph, on connaît l’histoire dans Genèse chapitre 37 et les suivants…

Les frères de Joseph sont jaloux de lui parce que leur père aime Joseph plus qu’eux.

Ils le haïssent et veulent le tuer.

Ils ont fait le mal en le jetant dans la citerne et en le vendant comme esclave aux Ismaélites (qui l’ont revendu à un Égyptien)…

Malgré le mal, clairement fait par ses frères, Joseph peut dire plus tard :

« maintenant, ne vous affligez pas et ne soyez pas fâchés de m’avoir vendu (pour être conduit) ici, car c’est pour (vous) garder en vie que Dieu m’a envoyé devant vous . » (Ge 45.5)

« Il appela la famine sur le pays, Il leur retira la miche de pain. Il envoya devant eux un homme : Joseph fut vendu comme esclave. » (Ps 105.1617)

« Joseph leur dit : soyez sans crainte; (…) Vous aviez formé le projet de me faire du mal, Dieu l’a transformé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui et pour sauver la vie d’un peuple nombreux. » (Ge 50.19-20)

Nous avons ici une combinaison de mauvaises actions, faites par des hommes pécheurs et responsables de leurs gestes, qui ont exercé leur volonté. Et de l’autre côté, le contrôle suprême de la providence de Dieu qui accomplit à coup sûr sa volonté et son plan. (Un cas où Dieu utilise le mal pour faire le bien)

Les deux réalités sont clairement exprimées dans le texte.

Le cas de Pharaon

Dans l’histoire de l’Exode, les Écritures affirment à mainte reprise que « Dieu endurcit le cœur de Pharaon ».

« … tu les feras devant le Pharaon. Et moi, j’endurcirai son cœur, et il ne laissera point partir le peuple. » (Ex 4.21)

« Et moi, j’endurcirai le cœur du Pharaon et je multiplierai mes signes et mes prodiges dans le pays d’Égypte. » (Ex 7.3)

« L’Éternel endurcit le cœur du Pharaon, et le Pharaon n’écouta pas Moïse et Aaron… » (Ex 9.12)

L’Éternel endurcit le cœur du Pharaon… » (Ex 10.20) (Ex 10.27) (Ex 11.10) (Ex 14.8)

« J’endurcirai le cœur du Pharaon » (Ex 14.4)

On entend parfois l’objection que Dieu a endurci le cœur de Pharaon parce que Pharaon lui-même a endurci son propre cœur, et Dieu l’aurait livré à son péché… (Ex 8.15, 32; 9.34)

Mais il faut noter que la promesse d’endurcir le cœur de Pharaon avait été résolue de la part de Dieu bien avant que Pharaon ait l’occasion de s’endurcir. (Ex 4.21)

De plus, notre étude sur la concurrence de la providence de Dieu démontre qu’un même événement peut être causé à la fois par Dieu et par un agent humain. Les deux peuvent donc être vrais.

Il est clair que Pharaon est responsable de s’être endurci, et il en paie le prix. Quel était le but de Dieu dans tout ça ? (La gloire de Dieu)

« Car l’Écriture dit à Pharaon : Je t’ai suscité tout exprès pour montrer en toi ma puissance et pour que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. » (Ro 9.17-18) (voir aussi Ex 9.16)

Dieu a aussi endurci le cœur du peuple égyptien pour qu’il poursuive Israël qui traversait la mer Rouge…

« Quant à moi, je vais endurcir le cœur des Égyptiens, pour qu’ils y entrent derrière eux; je serai glorifié par le moyen du Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses cavaliers… » (Ex 14.17)

« Il changea leur cœur, et alors ils eurent de la haine pour son peuple et traitèrent ses serviteurs avec perfidie. » (Ps 105.25)

D’autres exemples

 Dieu n’a pas seulement endurci le cœur des Égyptiens, mais plus tard, il endurcit aussi celui des Cananéens lors de la conquête du pays de Canaan…

« Car c’est de l’Éternel que venait l’endurcissement de leur cœur à faire la guerre à Israël, afin que celui-ci puisse les vouer à l’interdit, sans leur faire grâce, et les exterminer comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse. » (Josué 11.20)

Même la désobéissance des fils d’Élie était voulue de Dieu…

« Non, mes fils, ce que j’entends dire n’est pas bon; vous poussez le peuple de l’Éternel à la transgression. Si un homme pèche contre un autre homme, Dieu le jugera; mais si un homme pèche contre l’Éternel, qui intercédera pour lui ? Mais ils n’écoutèrent pas la voix de leur père, car l’Éternel voulait les faire mourir. » (1 Sam 2.24-25)

Ici, on voit qu’ils sont responsables de leur péché et ils en subiront les conséquences, mais c’est Dieu qui l’a voulu ainsi… Plus tard, un mauvais esprit venant de l’Éternel tourmentait Saül…

« L’Esprit de l’Éternel s’écarta de Saül, tandis qu’un mauvais esprit venant de l’Éternel le remplissait d’épouvante. » (1 Sam 16.14)

Lorsque David a péché avec Bath-Schéba, Le Seigneur a dit par Nathan le prophète :

« Ainsi parle l’Éternel : je vais susciter un malheur contre toi du sein de ta famille et je vais prendre sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à l’un de tes proches, qui couchera avec elles à la vue de ce soleil. » (2 Sam 12.11) (accompli en 2 Sam 16.22)

De plus, Dieu « frappa l’enfant que la femme d’Urie avait enfanté à David, et il se mit à dépérir » (2 Sam 12.15) et est finalement mort. (2 Sam 12.18)

 L’histoire du recensement

 Un autre texte très intéressant, celui du recensement d’Israël.

Dieu incite lui-même David à faire le recensement…

« La colère de l’Éternel s’enflamma de nouveau contre Israël, et il excita David contre eux, en disant : Va, fais le dénombrement d’Israël et de Juda. » (2 Sam 24.1) LSG

 Et plus tard, David reconnaît qu’il a gravement péché en faisant cela !

« David sentit battre son cœur, après qu’il eut ainsi fait le dénombrement du peuple. Et il dit à l’Éternel : J’ai commis un grand péché en faisant cela ! » (2 Sam 24.10)

Et David dut en subir les conséquences…

« Va dire à David : Ainsi parle l’Éternel : je te propose trois fléaux; choisis-en un, et je t’en frapperai. » (2 Sam 24.12)

Il est intéressant de noter que dans 1 Chron 21.1, il est dit que c’est Satan qui incita David à faire le dénombrement. • Ces deux versions d’un même fait, loin d’être une contradiction des Écritures, montrent la providence de Dieu dans toute sa splendeur. Satan ne peut rien faire sans que Dieu ne le veuille, et Dieu utilise qui ou ce qu’il veut pour faire éclater sa gloire. C’est Satan qui est l’agent qui a incité David, mais c’est Dieu qui a incité David. Cet événement est d’une très grande importance pour nous aider à comprendre comment  trois influences ont contribué de différentes manières à un même événement. • Dieu, pour réaliser son plan et sa volonté, utilise Satan pour inciter David à pécher. Mais David est quand même responsable et coupable du péché.

Il est clair que Dieu ne tente lui-même personne…

« Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : c’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal et ne tente lui-même personne. » (Jacques 1.13) Mais Dieu utilise

1 Satan pour nous tenter et de nous éprouver, nous le verrons avec Job…On comprend mieux pourquoi nous devons prier ainsi…

« Ne nous induis pas en tentation , mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! » (Mat 6.13) LSG

 L’histoire de Job

Dans l’histoire de Job, malgré le fait que Dieu ait donné la permission à Satan de faire du mal aux possessions et aux enfants de Job, et malgré le fait que ce mal est arrivé par la main des Sabéens et des Chaldéens et même par un grand vent qui a fait s’écrouler la maison… Job regarde au-delà de ces causes secondaires et avec les yeux de la foi, il dit : • « Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni ! » (Job 1.21)

Même s’il comprend bien que c’est Dieu qui a fait cela, « en tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu. » (Job 1.22) LSG

On a un bel exemple ici de comment nous devons nous comporter en face de l’adversité.

Dieu veut qu’on s’humilie et qu’on reconnaisse notre faiblesse, qu’on reconnaisse que Dieu peut faire tout ce qu’il veut.

C’est aussi ce que dit Paul…

« O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé : pourquoi m’as-tu fait ainsi ? » (Ro 9.20)

Et il savait de quoi il parlait

« Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair , un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. (2 Cor 12.7)

Il y a tant d’autres exemples, qu’on ne peut pas ignorer cette vérité. On parle souvent de la souveraineté de Dieu, mais comprenons-nous bien jusqu’où elle va ? Encore d’autres exemples.

« Et maintenant, voici que l’Éternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophètes que voici. » (1 Rois 22.23)

« Malheur à l’Assyrien, Bâton de ma colère ! La massue dans sa main, C’est l’instrument de ma fureur. » (Ésaïe 10.5)

« J’enverrai chercher toutes les populations du nord — oracle de l’Éternel, et Neboukadnetsar, roi de Babylone, mon serviteur; je les ferai venir contre ce pays… » (Jé 25.9)

« Mais lorsque ces 70 ans seront accomplis, j’interviendrai contre le roi de Babylone et contre cette nation –– oracle de l’Éternel, à cause de leurs fautes… » (Jé 25.12)

« Si le prophète se laisse séduire, s’il prononce une parole, c’est moi, l’Éternel, qui aurai séduit ce prophète; j’étendrai ma main contre lui et je le supprimerai du milieu de mon peuple d’Israël. »

« Sonne–t–on du cor dans une ville Sans que le peuple soit en émoi ? Arrive-t-il un malheur dans une ville sans que l’Éternel en soit l’auteur ? » (Amos 3.6)n

Et moi, je vous ai envoyé la famine dans toutes vos villes, le manque de pain dans toutes vos demeures. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi — Oracle de l’Éternel. Et moi, je vous ai refusé la pluie, lorsqu’il y avait encore trois mois jusqu’à la moisson; J’ai fait pleuvoir sur une ville et je n’ai pas fait pleuvoir sur une autre ville; un champ a reçu la pluie, et le champ sur lequel la pluie n’est pas tombée s’est desséché. Deux, trois villes sont allées vers une autre pour boire de l’eau, et elles n’ont point apaisé leur soif. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi — Oracle de l’Éternel. Je vous ai frappés par la rouille et par la nielle; vos nombreux jardins, vos vignes, vos figuiers et vos oliviers ont été dévorés par les chenilles. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi — Oracle de l’Éternel. J’ai envoyé parmi vous la peste, comme en Égypte, J’ai tué vos jeunes gens par l’épée et laissé prendre vos chevaux; J’ai fait monter à vos narines (l’odeur) d’infection de votre camp. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi — Oracle de l’Éternel. Je vous ai bouleversés, comme Sodome et Gomorrhe que Dieu bouleversa, et vous avez été comme un tison arraché de l’incendie. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi — Oracle de l’Éternel… » (Amos 4.6-11)

Dans plusieurs des cas mentionnés plus haut, Dieu envoie le malheur et la destruction sur des gens en guise de jugement contre leur péché.

Ils ont été désobéissants ou sont tombés dans l’idolâtrie et le Seigneur utilise de méchants hommes ou des démons ou encore des forces naturelles pour apporter sur eux un jugement. Peut-être cette notion de jugement peut nous aider à comprendre, du moins dans certains cas, comment Dieu peut, tout en étant juste, envoyer des malheurs sur la terre.

« Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu… » (Ro 3.23)

« Je forme la lumière et je crée les ténèbres, je réalise la paix et je crée le malheur; moi, l’Éternel, je fais toutes ces choses. » (És 45.7)

« N’est-ce pas de la bouche du Très-Haut que sortent les maux et les biens ? » (Lam 3.38)

« Pourquoi, Éternel, nous fais-tu errer loin de tes voies et endurcis-tu notre cœur contre la crainte envers toi ? Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage ! » (És 63.17)

Vous lirez le livre de Jonas, il est rempli d’exemples de la providence de Dieu… Ce que les Écritures nous révèlent, c’est qu’à notre insu, Dieu nous pousse à faire des choix, et il accomplit et réalise son plan au travers des choix volontaires des hommes et des femmes qui sont moralement responsables de leurs actions. La crucifixion de Jésus en est un autre exemple…

« Car en vérité, contre ton saint serviteur Jésus, à qui tu as donné l’onction, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués, dans cette ville, avec les nations et avec les peuples d’Israël, pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient déterminé d’avance. » (Ac 4.27-28)

« Cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant (à la croix) par la main des impies. » (Ac 2.23)

Dans la même phrase, Pierre relie le plan de Dieu et la responsabilité morale des coupables : « vous l’avez fait mourir ».

 8. Analyse des versets mettant Dieu en relation avec le mal.

Après avoir considéré autant de passages qui parlent de l’usage providentiel que Dieu fait des mauvaises actions des hommes et des démons, autant que des forces de la nature… que pouvons-nous conclure en analysant ces faits ?

a. Dieu utilise toutes choses pour réaliser son plan, il utilise même le mal pour sa gloire et pour notre bien.

Nous pouvons donc avoir une plus grande assurance face aux tragédies qui peuvent nous frapper.

b. Dieu n’agit jamais mal et ne peut jamais être blâmé pour le mal.

Nous devons rester humbles, Dieu fait tout ce qu’il veut et il poursuit son plan parfait.

 c. Dieu est juste en jugeant et en condamnant ses créatures morales pour le mal qu’elles font.

Dieu nous a créés avec la faculté de faire des choix et nous serons toujours responsables des choix que nous aurons faits

 d. Le mal est réel et nous ne devrions jamais faire le mal, car cela aura toujours des conséquences néfastes pour les autres et pour nous-mêmes.

Nos choix ont des conséquences, même si Dieu change parfois le mal en bien pour sa gloire, les conséquences négatives ne sont jamais totalement écartées.

 e. Nous devons confesser que nous ne comprenons pas pleinement le mécanisme par lequel Dieu utilise le mal pour accomplir sa volonté et pour sa gloire.

Nous devons faire confiance à Dieu qui sait tout infiniment mieux que nous et nous soumettre à sa volonté.

9. Sommes-nous libres ? Avons-nous vraiment le libre arbitre ?

Si Dieu exerce son contrôle providentiel sur tous les événements comme nous l’avons vu, pouvons-nous encore dire que nous sommes libres ?

Il devient important de bien comprendre ce qu’on veut dire par « libre »

Le problème soulevé par Calvin, c’est que le libre arbitre, comme on l’appelle, « n’est pas suffisant pour permettre à l’homme de faire le bien, à moins qu’il ne soit aidé par la grâce ».

La tendance naturelle de l’homme le portant toujours vers le mal, Calvin ne voulait pas parler de l’homme comme ayant réellement le libre arbitre, puisque de lui-même l’homme est incapable de faire le bien.

Il dit : « Nous dirons donc que l’homme possède ce type de liberté de choix non en raison du fait qu’il possède une liberté équivalente de choisir entre le bien et le mal, mais parce qu’il choisit le mal volontairement, sans y être contraint. »

Donc, lorsqu’on cherche à savoir si nous avons vraiment le libre arbitre, il est important de comprendre ce qu’on veut dire par là.

Les Écritures nous enseignent que nous ne sommes jamais libres, dans le sens d’être hors du contrôle de Dieu

 Une liberté absolue, totalement libre du contrôle de Dieu est simplement impossible dans un monde soutenu et dirigé par sa providence.

Être à l’extérieur de ce contrôle providentiel signifierait simplement de ne pas exister.

Sommes-nous libres de faire le bien ou le mal ?  Paul nous parle du genre de liberté que nous avons dans l’épître aux Romains :

« Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?… Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !… Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. » (Ro 7.18-25)

En fait, selon Paul, nous sommes plus esclaves que libres… Néanmoins, nous sommes libres et nous faisons des choix qui ont des conséquences réelles.

Il est important de comprendre et d’affirmer cette liberté, au risque de sombrer dans le fatalisme et de croire que nos actions n’ont aucune importance puisque c’est Dieu qui contrôle tout et que c’est sa volonté qui s’accomplit de toute manière.

C. Gouvernement

 On a vu que les deux premiers aspects de la providence sont la préservation et la concurrence. Ce dernier aspect de la providence indique que Dieu a un but pour tout ce qu’il fait dans le monde. Il gouverne ou dirige toutes choses, dans sa providence, de manière à ce qu’elles accomplissent ses desseins.

« L’Éternel a établi son trône dans les cieux, et son règne domine sur toutes choses. » (Ps 103.19)

Preuves bibliques

Il a autorité autant sur les habitants de la terre que sur les anges…

« Tous les habitants de la terre sont comme s’ils n’avaient pas de valeur; il agit comme il lui plaît avec l’armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui résiste à sa main et lui dise : que faistu ? » (Da 4.35)

 Il est à l’origine de tout…

« Tout est de lui, par lui et pour lui ! À lui la gloire dans tous les siècles. Amen ! » (Ro 11.36)

Il agit selon le conseil de sa volonté…

« En lui, nous avons aussi été mis à part, prédestinés selon le plan de celui qui opère tout selon la décision de sa volonté… » (Éph 1.11)

Tout genou fléchira devant lui… « … afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre… » (Phil 2.10)

Dieu est véritablement souverain… « Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Ro 8.28)

Distinction concernant la volonté de Dieu.

Si tout ce qui arrive est la volonté de Dieu, comment Dieu peut-il vouloir le mal ?

Il est important ici de faire une distinction concernant la volonté de Dieu.

On parlera de la volonté « révélée » et de la volonté « secrète » de Dieu.

La volonté révélée est connue, c’est sa volonté morale.

Elle inclut les standards moraux des Écritures comme les différents commandements. Ces commandements nous montrent comment Dieu veut que nous agissions et quelle attitude de cœur nous devons avoir pour lui plaire. Un autre aspect de sa volonté est son contrôle providentiel de toutes choses (sa volonté secrète).

Elle inclut tous les événements de l’histoire que Dieu a voulus, comme le fait que Christ devait être crucifié par des impies. Elle inclut également tous les malheurs que nous avons vus précédemment. Il faut donc distinguer entre ce que Dieu « veut » et ce que Dieu « veut »…

Entre ce qu’il veut et qui lui fait plaisir et ce que Dieu veut pour réaliser son plan parfait, pour sa gloire.

« Car ce n’est pas volontiers qu’il humilie d’homme. » (Lam 3.31-33) et qu’il afflige les fils

En nous basant sur notre propre expérience, nous pouvons comprendre que nous pouvons vouloir quelque chose de douloureux que nous ne désirons pas (comme châtier notre enfant), de manière à obtenir un résultat à long terme que nous désirons plus que d’éviter une souffrance à court terme (comme l’obéissance de l’enfant)

 De même, Dieu qui est infiniment plus grand et plus sage que nous sait qu’il est nécessaire que le malheur arrive afin qu’il en retire une plus grande gloire future.

« Malheur au monde à cause des occasions de chute ! Car il est inévitable qu’il se produise des occasions de chute, mais malheur à l’homme par qui elles se produisent ! » (Mat 18.7)

D. L’importance de nos actes

On peut parfois oublier que Dieu travaille à travers les actions humaines dans sa gestion du monde providentielle.

En faisant cela, on pourrait commencer à croire que nos actions et nos choix ne font pas vraiment de différence ou n’ont pas beaucoup d’impact sur le cours des événements.

Pour nous garder d’une telle erreur de compréhension devant la providence de Dieu, il est important de bien comprendre les points suivants.

1. Nous sommes toujours responsables de nos actes

Dieu nous a rendus responsables de nos actions qui produisent d’importants résultats réels et éternels. Dans sa providence, Dieu préserve ses caractéristiques d’importance et de responsabilité.

Il nous a créés responsable de nos actions, et nous le demeurons.  De même, nos actions entraînent des conséquences. Puisque nous sommes responsables, il est juste que nous recevions de lui le fruit de nos actions.

Si nous faisons le bien et obéissons à Dieu, il nous récompensera et nous bénéficierons de sa grâce ici bas.

Si nous faisons le mal et désobéissons à Dieu, il nous châtiera et nous subirons les conséquences néfastes de nos gestes.

« Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. » (Ga 6:7)

Ces faits doivent nous aider à agir avec sagesse en évitant la paresse et la désobéissance. Nous sommes responsables, et Dieu n’est jamais à blâmer. (Ro 9.19-20)

Lorsqu’un malheur survient, nous ne pouvons pas dire « C’est la volonté de Dieu, donc c’est une bonne chose », car nous devons reconnaître que certaines choses que Dieu a voulues par décret (dans sa volonté secrète) ne sont pas nécessairement bonnes en soi et ne doivent pas recevoir notre approbation, tout comme elles ne reçoivent pas l’approbation de Dieu.

 2. Nos actions ont des résultats réels et changent vraiment le cours des événements

Dans la vie de tous les jours, si je néglige de prendre soin de ma santé et que j’ai de mauvaises habitudes alimentaires, ou si j’abuse de mon corps avec l’alcool, le tabac ou la drogue, il est probable que je vais mourir plus tôt.

Dieu a voulu que nos actions aient des effets. Il a voulu que les événements arrivent quand nous les provoquons. Bien sûr, nous ne savons pas ce que Dieu a planifié, même pour le reste de cette journée. Mais nous savons que si nous faisons confiance à Dieu et lui obéissons, nous découvrirons qu’il a prévu de bonnes choses pour nous. On ne peut pas ne pas tenir compte des gens que nous croisons, car Dieu met ces gens sur notre chemin, et nous avons la responsabilité d’agir, et nous pouvons à avoir un impact éternel envers eux.  Le fait que Dieu nous cache l’avenir doit nous encourager à la prudence et la prévoyance. Si nous anticipons un danger quelconque, nous devons prendre toutes les mesures raisonnables pour l’éviter, sinon il risque de nous atteindre.

Les gestes que nous posons ont des conséquences, nos actions provoquent des événements et nous avons le pouvoir de changer le cours des choses.

3. La prière est une action spécifique qui produit des résultats qui changent le cours des événements

Parmi toutes les actions significatives que nous pouvons faire pour avoir un impact sur les événements, la prière est certainement un moyen privilégié que Dieu nous a donné.

Par la prière, nous avons accès à la puissance infinie de Dieu, et nous pouvons intercéder pour des personnes ou des situations pour lesquelles nous sommes impuissants.

4. En conclusion, nous devons agir ! En aucune façon, la doctrine de la providence ne nous encourage à rester assis et à attendre le dénouement des événements.

Au contraire, nous devons agir en faisant le bien, car Dieu travaille à travers nous.  Un bon exemple est celui de Joab, dans l’Ancien Testament. Devant l’ennemi qui menaçait, il ne s’est pas assis en espérant que Dieu le délivre. « Il dit : si les Syriens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours; et si les Ammonites sont plus forts que toi, j’irai te secourir. Sois fort, fortifions-nous pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu, et que l’Éternel fasse ce qui lui semblera bon ! »  (2 Sam 10.12)

Oui, il s’attend à Dieu, mais il sait qu’il a quelque chose à faire. Un autre excellent exemple est celui de l’apôtre Paul sur le point de faire naufrage. • « Maintenant je vous exhorte à prendre courage; car aucun de vous ne perdra la vie, seul le navire sera perdu. Un ange du Dieu à qui j’appartiens et rends un culte, s’est approché de moi cette nuit et m’a dit : sois sans crainte, Paul; il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t’accorde la grâce de tous ceux qui naviguent avec toi. C’est pourquoi, prenez courage, car j’ai cette foi en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit. Nous devons échouer sur une île quelconque. » (Actes 27.22-26)

Mais, comme les matelots cherchaient à s’échapper du navire et laissaient glisser la chaloupe à la mer sous prétexte d’aller, depuis la proue, fixer plus loin des ancres, Paul dit au centenier et aux soldats : si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés. Alors, les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe et la laissèrent tomber. (Actes 27.30-32) Il aurait pu s’asseoir sur la promesse de Dieu et ne rien faire, mais il fallait qu’il agisse pour que s’accomplisse la promesse de Dieu.

La doctrine de la providence nous encourage donc à agir pour voir la main de Dieu à l’œuvre. Questions d’application personnelle Réfléchir à la doctrine de la providence a-t-il fait grandir votre foi en Dieu ? Comment cela a-t-il changé votre manière d’envisager le futur ? Y a-t-il des difficultés ou des épreuves présentement dans votre vie ? Qu’est-ce que ça change à votre point de vue devant l’épreuve ? Expliquez comment une bonne compréhension de la doctrine de la providence pourrait conduire un chrétien à une vie de prière plus active.